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Vendredi 24 juillet 2009
- Publié dans : Les lieux défaits
À cause de ce visage, elle a quitté son nom.

Il y a ceux aussi qui n’ont pas de nom. Lui, l’enfant, en fait partie. Il porte un tricot bleu marine ou parfois un t-shirt à manches longues vert foncé. Ils n’ont pas de nom ni de visage. Cet enfant peut aller où il veut. Il peut être partout.
Les sous-terrains de la ville surtout lui plaisent, parce qu’il adore les dinosaures et que ceux-là sûrement vivent là. Mais il aime aussi regarder les hommes des chaises à roulettes qui circulent devant les écrans. Il ramasse les sucres qui n’ont pas fondu et les restes de sandwichs que les femmes lui laissent sur le dessus des corbeilles à papier.
Il l’entend dire LLAULV. Il l’entend dire vos dossiers sont prêts. Il entend tous les autres dire ces mots. Puis il part.

Elle est comme eux et ne le voit pas. Il est comme les stores, les corbeilles, les fils électriques.

Elle a quitté son nom pour celui que l’on connaît maintenant. Elle ne sait plus celui d’avant. Mais elle se souvient de certains moments, allongée au centre, le dos aux os acides contre l’écorce moulue, omoplates creusant le bois, et les doigts dans la caresse froide. Devant elle, l’obscur. Bas et dense, lourd, tout contre ses yeux. Glissant sans se saisir tout autour dans l’étendue, elle bruisse. Aucune étoile, aucune lune. Pas de vent.
Une amertume infime qui la frôle, le temps de frémir et d’avoir le duvet des bras qui se dresse.
Elle retrouve en elle sans en être bien sûre cet espace, au dedans, malgré et contre le quadrillage et les mesures du goudron, du ciment, du béton.

Par F. G.
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Jeudi 23 juillet 2009
- Publié dans : Les lieux défaits
Les écrans rendaient la lumière, une lumière venue des sinuosités. Dans le vaste hall, tous, sur les sièges à roulettes progressaient en désordre d’un écran à l’autre. On voyait les peaux flasques, grêlées et grises mais aucune expression, les respirations atténuées, le froid constant comme au reste de l’année. Un ronronnement continu berçait les cœurs et les roulement de chaises s’y accordaient partiellement. Il y avaient encore les fenêtres, sans possibilité de fenêtre, stores baissés avec la rouille qui les fixaient. Elle prit l’ascenseur et se laissa transporter à l’étage de la sortie. Il ne contenait aucun écran,  les signaux lumineux verts indiquant la sortie bordaient tous les murs à deux mètres du sol. On sortait par n’importe quelle sortie, par le mur.

L’exposition des corps, drapés tous de linceuls blancs, le long des murs de cet autre espace. Carrelages nets parfaitement brillant, dur. Les visiteurs cherchent les visages mais de visage il n’y a plus, tous les visages sont de même. Un acharnement à retrouver. Sans cesse revoir l’endroit qui dispose les yeux, le nez, la bouche, les joues, le front, sans cesse tenter de le lire. De les lire. De reconnaître celui qu’on aurait déjà pu lire avant. Mais les visages ne sont plus, tous sont jamais présent, ou présent par un trou qui aveugle, comme une lumière bleue d’écran dont on ne voit que des points, on sait qu'ils forment une image mais on ne la distingue plus, seulement ces points qui la composent.

Les visages des morts sont illisibles, comme ceux des vivants. Ceux des morts sont encore un endroit de perplexité. On y tente encore quelque chose. Ceux des vivants ont moins d’importance, car ils disent leurs noms. Louise Lily Anne Utopie Lamarche Verdun. Chacun choisit quatre prénoms et deux noms. Chacun en change parfois aussi.

Pour maintenir encore et s’assurer de reconnaître la pesanteur, ils vont voir les rouleaux d’eau. Ce sont des cylindres de diverses tailles, translucides et remplis à demi d’eau verte. On les pousse et ils roulent péniblement, par à-coups, contre-balancés par le poids.

Elle a un visage. Non le sien, mais elle voit un visage. Il revient souvent la nuit, et il reste là imprécis mais sans doute possible qu'il s'agit d'un visage. C'est ce qui la pousse à soulever les linceuls lorsque le musée est ouvert. Elle ne reconnaît rien. Elle doute que ce visage existe, car aucun ne semble plus exister. Elle tente de le distorde, de le perdre. Elle le perd.
Elle le cherche à nouveau, elle l'a perdu, elle se souvient qu'elle a pu le voir. Elle ne voit plus. Elle retrouve la sérénité des écrans bleus.
Par F. G.
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Vendredi 3 juillet 2009
- Publié dans : Labo
Recherches pour une installation interactive avec C.S.
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Par F. G.
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Mardi 26 mai 2009
- Publié dans : Labo

Sédimentation. Rush, premier matériau à manipuler, dans sa profondeur,transparence, dans son cadre, dans ses vitesses.....
C'est la terre à modeler.
Sûrement deviendra tout autre chose.
Par F. G.
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Mercredi 1 avril 2009
- Publié dans : Labo
Une installation vidéo à variables, à unités disséminées.
Selon une courbe, à écran de 5,5cm correspond une durée de 09 secondes soit une vitesse à 1000%, à écran de 36 cm correspond une durée de 44s soit une vitesse de 200%, et enfin à écran de 4m correspond une durée de 3 minutes soit une vitesse de 50%.
Ce sont les divers terminaux d'un réseau, et en question des notions d'échelle ; temps et espace.
Pour penser à des échelles différentes aussi : celle des étoiles, des galaxies, celle des humains, celle des fourmis, celle des atomes.
Pour questionner la variation de taille de l'unité écran dans une oeuvre, dans un espace d'exposition.
Pour questionner les rapports entre des temps/espaces.
Le temps à un point déteminé en rapport avec un temps à un autre point déterminé.
Systole/diastole, lumière/obscurité, échelle de la main, échelle du dessin, du trait.
Par F. G.
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Mercredi 25 mars 2009
- Publié dans : Labo
Je rêve d'une découpe parfaite, pilotée par une machine froide, et par des faisceaux parfaitement rectilignes. En attendant d'avoir de l'espace, l'espace du déploiement, de l'aveu, de la proposition, je cerne de toutes parts et de toutes les façons. La main, elle, s'active sur une plus large aire de jeu que d'habitude, et prendra son temps, assez de temps.




Par F. G.
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Dimanche 8 mars 2009
- Publié dans : Labo
"Son être n'est pas demeure, mais "être-en-transition". L'homme est animal, un être animé par soi-même, dans ce sens-là. La sensation n'est jamais pour lui séparable de cette orientation dans l'espace, parce sentir - même lorsqu'on touche quelque-chose ou quelqu'un - s'apparente toujours à une danse où se conjuguent et se mettent en rythme l'approche et l'éloignement, l'union et a séparation. Ainsi, "le mouvement tactile s'amorce par une approche qui commence dans le vide et se termine lorsqu'il atteint à nouveau le vide. {Dans chaque sensation et dans chaque mouvement,} je maintiens un échange continu qui se caractérise par une approche à partir du vide et retourne à celui-ci."
Chanter la terre ou danser la terre, ce n'est donc pas chanter ou danser son appartenance à la terre. C'est, tout aussi bien, chanter ou danser la distance, c'est à dire un désir et une mémoire en même temps, dans l'impossible appropriation de la terre."

Georges Didi-Huberman, "Geste, Fêlure, Terre", dans "Gestes à l'Oeuvre", dir.  Barbara Formis.
G. D.-H. cite Erwin Straus, "Du sens et des sens. Contribution à 'étude des fondements de la psychologie"
Par F. G.
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Mercredi 25 février 2009
- Publié dans : Labo
Juste un doute à un certain moment. Les cristaux seront-ils mouvants ?
Par F. G.
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Lundi 23 février 2009
- Publié dans : Labo
Le raisin, écrasé, amassé, suintant, les pieds dedans, on prend un grain et on l'éclate sur la figure des autres. Dans la masse noire toutes sortes de viscosités mêlées, escargots, limaces et chenilles, pyrales, thrips, drosophiles et carpocapses. Copeaux de tiges vertes à sève.

La pelle métallique à angle parfait, coupante, saveur de sang. Elle brille.

Par F. G.
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Dimanche 22 février 2009
- Publié dans : Labo
Quantité d'algues ramassées sur le bord de mer et déversés dans la baignoire. Des insectes qui sortent des algues. Le contraste entre les algues noires et le blanc de l'émail. Deux éléments liés au corps et opposés.

Les plumes de paons chez - . Décorer avec un bouquet de plumes issues d'un corps mort. Amalgame plumes/ fleurs. L'artificialité de toutes les fleurs. La beauté répugnante des plumes. L'odeur, la poussière des plumes de paon.

Par F. G.
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98

"98% des atomes présents dans le corps humain sont remplacés en une année par d'autres atomes assimilés par l'organisme"
("Atomic Tune-up : How th Body Rejunevate Itself")

"Il s'étonnait de la psychologie superficielle de ceux qui voient dans le Moi d'un homme quelque chose de simple, de permanent, de fiable et d'un seul tenant."
(Oscar Wilde, Le portrait de Dorian Gray)

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