Samedi 5 mai 2007
publié dans : Amarres
Bas-ventre et point faible, dans l'obscurité et en suspension, définition : Etat d'un corps divisé en fines particules qui sont mêlées à un fluide sans qu'il se produise une dissolution. Non pas condescendant sur la chair grelotante et des peaux et des cuisses en sur-place quand quelque chose d'autre se passe avec la tête ailleurs. Parfois le coup les spasmes massés proches et parfois au loin animaux rares observateur. Requin visuel en attente. Ailleurs, corps en sport et non ceux des sportifs, un certain corps de femme, vulnérable, puissance animale à évaluer, inconnue encore, pas de définition donnée, roulements, moments, par moments coordonné, un rythme qui nous est étranger encore et dans lequelle elles peut-être sont entièrement car cela communique avec autre chose dans ces corps.
Une ligne pour une silhouette et une ombre pour un volume lisse qui, même lorsqu'il n'est pas tranché ouvert, sonne creux. Un fil (à couper le beurre ?) vient faire deux corps, mitose à notre échelle en douleur devenue point. Schéma hors des schémas. Papiers, post-it à poils ou la matérialité cellulaire, sexuelle, vient s'abstraire par humour. Noir graphite que le faire a laissé surgir et a su amener encore ailleurs un peu plus loin. Jamais conciliant avec la maîtrise et parfois une rage en accident.




Underbelly, de Trine Lise Nedreaas, galerie Eva Hober, 5 mai au 16 juin.
récapitulation, de Killoffer, galerie Anne Barrault, 5 mai au 16 juin.


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Vendredi 4 mai 2007
publié dans : Amarres
Quelques mots sur artistes logés en ce moment au 108. D'abord Denis Savary, délicieux petits gâteaux graphiques, nouvelle cuisine, mais relevée, tout de même. Ciselé. Mélancolie des zones rurales à devenir péri-urbain, solitude du dimanche à mobylette, quand il fait enfin un peu moins froid dans la plaine entre Alpes et Jura, on quitte le cossu appartement genevois pour étudier les moeurs des frontaliers en mal de divertissement, dans ces lieux ou la froidure des gens prend un autre masque. Surgissement de légers décalages, une mélodie se murmure alors. Dommage de ne pas donner plus d'ampleur à deux ou trois vidéos choisies, comme lorsque La Courtisane était à l'Enchanté Château d'Arenthon : tout mettre ça gâche. Panos Kokkinias, il a fallu supporter la pose pour aller jusqu'au deuxième espace. Sauf "Rain 2007", peut-être.
La galerie Yvon Lambert a pris un sacré coup de vieux (la galerie Thaddaeus Ropac aussi).
On reprend sa respiration au cent8 Serge Le Borgne avec George Tony Stoll, il y a "Mon chef d'oeuvre -2003" bien sûr mais il y a la couleur et la truelle (mais élégante) et il y a des torses, et il s'est passé et se passe au même moment des choses délicates, et là et ailleurs, et enfin il n'y a plus que cette prolongation par la voix en galerie immense, où tout se joue et lorsqu'on revient sur nos pas on a notre litanie, notre voix qui s'éveille.


Denis Savary, du 14 avril au 19 mai 2007, galerie Xippas
Panos Kokkinias, du 14 avril au 19 mai 2007, galerie Xippas
Galerie Yvon Lambert
Galerie Thaddaeus Ropac
George Tony Stoll, Constellations, 6 mars au 5 mai, galerie cent8 Serge Le Borgne
Vidéos de George Tony Stoll sur Paris-Art

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Jeudi 3 mai 2007
publié dans : Amarres
D'abord, une impression de blanc. Oeuvres dans appartement, deviennent elle-même habitants de cet espace, y laissent des traces et y prennent place pour la discussion. Blanc de la feuille et de la toile, blanc de la serviette de toilette, toute la matière et l'odeur et la noirceur viennent se concentrer en un cube central. Le drap devient toile de montgolfière, pourquoi pas on a des envolées et des rêves. Le vélo d'appartement, on a gardé le souvenir des paysages parcourus sur sa selle, le son toujours le même du radio-réveil à bruits de nature. Pas forcément jouer le jeu de l'objet de vie détourné, l'utilité déplacée, varier la distance et l'envie. Carton de déménagement déplié dessiné. Bulle, un moment qu'on a imaginé s'inscrit sur le lieu même.

"Loi Carrez à peu de choses près" Episode 1, 4ème étage et demi, le 3, 4, 5 mai de 18h à 21h, 38 rue de Turenne, 75003
avec Elvire Bonduelle, Maïmiti Cazalis, Alexandre Désirée, Chloé Dugit-Gros, Lena Hilton, Martin Laborde, Camila Oliveira Fairclough, Charles Veyron.
Contact : Alexandre 0626680241
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Jeudi 3 mai 2007
publié dans : Amarres
Le titre - Worker Drone Queen - reprend les trois catégories d'abeilles pour en faire une seule proposition. Les artistes ont su être les trois à la fois. Le papier peint de la Wiener Werstätte repris par Mai-Thu Perret, à l'entrée, une ruche, les cellules sont de petits vaisseaux spatiaux ovnis. Drone, c'est aussi le Drone state of mind, le bourdonnement, la vibration des sens.  C'est la sensation qui se dégage de la vidéo "Nuclearama", la bombe vue par des extra-terrestres légèrement décervelés. Les "rama" sont de retour (voir Dominique Gonzalez-Foerster). Les ovnis font du tourisme dans les "Sanctuaires de tous les temps", option pauvre (et sobre) de la capsule de Mariko Mori. Retour vers les futuristes avec "Echo Canyon", cuivre et fer en bouquets, fleurs pour venir récolter un miel au goût de sang. (pour ma part, il y avait une grosse mouche sur la lame). Les corbeaux sont tenus à distance de ce pré grâce à "Sylviana", dont la face a été contaminée par le dissolvant de "Téléport Landscape". Le paysage se poursuit avec les montagnes-robes "Floating Montains". Récurrence du cercle, et du cône. Amy O'Neill a préféré le tube pour "Shrine Bed", qui pourrait, encore une fois, être une capsule de voyage inter-landscape. Le paysage est maintenant complet avec ces pins blancs, et leur chalet-reliquaire. L'importance de la science-fiction comme culture de masse, s'imposant au premier abord, s'estompe pour une approche subtile d'une culture populaire moins flagrante, sous-jacente, et moins traitée dans l'art contemporain. C'est le travail d'Amy O'Neill qui donne à cette exposition un relief et une complexité par sa démarche et le rapport que ses oeuvres entretiennent avec celles des autres artistes.

Worker Drone Queen,  avec Carol Bove, Vidya Gastaldon, Amy O’Neill et Mai-Thu Perret.
Au Centre culturel suisse, jusqu'au 15 juillet.
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Mardi 3 avril 2007
publié dans : Amarres
Passant, voyageur, vous êtes venus sur les lieux et attendez : le bateau, l'éclaircie, les autres passants, les petits événements. Vous êtes là et vous êtes ailleurs, l'humidité monte, les gouttes tombent sur la tôle de plastique, vous voyez la vapeur, la buée, mais ce n'est qu'un mur gris et sec. Le lieu est là en absence. Vous regardez votre carte, vous cochez les villes où vous êtes passé, vous regardez ce point sur la carte et voyez le ciel, la lumière y était douce, ou crue, ou nocturne. Des mots se tissent entre ces lieux du monde où vous avez marché, des mots comme des hiéroglyphes effacés, à demi. Reviennent, à la surface de votre mémoire, les noms et les matières du sol comme vous reviennent les titres des livres et leur forme interne globale, remodelée par l'expérience indirecte, ce que vous en avez dit à d'autres et ce que d'autres en ont dit. Puis c'est le trop plein, le spectacle qui vous saisit, la voix qui vous incite et des lucioles agacées, vous êtes aussi le nouveau touriste et émerveillé vous devez être.

Expodrome, Dominique Gonzalez-Foerster, Mam Paris,13 février - 6 mai.
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Samedi 3 mars 2007
publié dans : Amarres
Mon morceau, morceau, trituré et planté partout, mon crâne, fluo, ma peau de front, grains de remou et terreau gorgé de poussière et trace laissée fondue traînée de suinte ; sous les barreaux mes poils mes cheveux mes cellules mes croutes mes amas de cellules mortes mes pores ouverts détachés ; des limaces mes limaces mes laitues mes baves momifiées ; mes morceaux détachés mes nez fouillent l'odeur de la colle de la terre ; des sexes mes sexes bing bang boum couleurs patatra rose vert fluo, bleu fluo, dix kilos de cheveux collés, ça pousse, ça pousse, les pores de ma peau et les pores des champignons sous terre avec un oeil seulement ; trente semaines sans se laver râcler la production avec une cuillère et nourrir le chat ; brancher la cervelle les restes la putréfaction machine à rêver ; pellicules de la pierre de la peau du plastique pellicules, poils collés ; momies, cadeaux déjà pourri ; enterré.

Tetsumi Kudo, La montagne que nous cherchons est dans la serre, du 18 février au 13 mai, la maison rouge.
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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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