Vendredi 2 novembre 2007
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Les lieux défaits
Une demi heure pour écrire ici. Logiquement sera à reprendre après. J'ai modifié l'aspect de mon avatar , frénétiquement, cherchant à me débarrasser de la tête de renard, de la
queue, puis jusqu'au moindre détail mais en puisant dans la banque de données rudimentaire, ce qui ne donnait pas de résultats très probants. Autour, quelques autres s'affichaient en
modification d'apparence, comme moi je suppose que je l'étais à leurs yeux (pointe extèrieure plus vers le bas, plus vers le haut). Lassée des possibilités limitées en imagination que
j'étais en mesure d'effectuer, je me contentais d'un corps de danseuse du crazy horse, enveloppé d'une combinaison en tapisserie à motifs roses. On verra après. La dernière fois, je volais,
extatique, dans des décors fabuleux : oublié le nom de l'endroit où j'étais né (avatar masculin, une perfection de laideur). Cette fois-ci, une île d'accueil peu enthousiasmante, un parcours
organisé. Essayant la téléportation pendant l'heure qui suivit, j'atterris successivement sur certaines îles coupées du reste du monde, cherchant un lieu avec plus d'animation, de présence, quoi
en réalité. Ces îles pour la plupart affichant des murs transparents : domaine privé. Je me fis notifier l'ordre de déguerpir dans la seconde par un message instantané provenant d'un propriétaire
hargneux, ou de son programme zélé. Fatiguée, je revins sur mon profil pour voir qui avait accepté ma demande d'ami. Il est possible d'afficher les pays visités, les livres lus. Deux personnes
rencontrées que je n'avais pas revues depuis dix ans. On résume en deux phrases. Les amis d'amis ont l'air sympathique en général. Certains font partie de groupes, il faut des groupes, et quel
temps cela leur prend, à eux ? Après deux jours d'acharnement, on oublie. On marche dans la rue. On va voir des possibilités virtuelles réalisées. La demi-heure écoulée, c'est ce que je vais
faire.
par F. G.
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Jeudi 4 octobre 2007
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Les lieux défaits
Après le vacarme, après le grondement de rue en rue gonflé de rue en rue en une masse de présence continue, après ces heures où on écoute le grondement, quand il n'y a plus
que ces sons solitaires très dessinés, dans leur trajectoire. Le véhicule transporte ses passagers endormis et dans la ville inconnue traverse les cercles de son plan, jusqu'en un centre désigné,
et là, au milieu des échafaudages et de la rue crevée en sable gris, dans cet espace encore indéfini qui se construit, on voit les hommes qui vont pisser un peu plus loin, et quelques
autres des femmes aussi prennent leurs bagages dans le coffre, et là au milieu du sommeil ils s'en vont.
Là au milieu du rien du froid au milieu du ciel au milieu de la machine qui gronde, des hublots clôts et des masques en tissu bleu, des corps assis lourds immobiles, au milieu du sommeil
interrompu par cette lumière en face dessous, il y a cette ville trop proche, d'une lumière électrique, trop proche et très dessinée, c'est peut-être elle qui est trop haute, plusieurs villlages
embrumés, et surtout, proches, et surtout, immobiles, sous l'aile.
par F. G.
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Dimanche 19 août 2007
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Les lieux défaits
Parler : on ne comprend pas. Si j'écris la langue, alors on peut comprendre. S'il écrit le japonais en phonétique occidentale, alors je comprendrais le sens. Par l'écriture et la lecture, le sens passe forcément puisqu'on peut lire on peut comprendre. L'idéogramme a un sens et son image silencieuse véhicule ce sens, que ce soit sur l'île ou sur l'immense continent. L'écriture de l'autre côté aussi - je comprends toutes les langues écrites du même alphabet que la mienne.
par Florence Girardeau
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Samedi 18 août 2007
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Les lieux défaits
Difficulté de chercher "ver" sur internet : chercher l'image de la photo qui n'a pas été prise. Ver de 10 cm rouge ou sangsue. Plat, couleur orangée, avalant un véritable ver gris épais annelé. Dans cette forêt, sangsue tombant des arbres. Une sangsue peut-elle avaler un ver ? Deux tubes luisants emboîtés digérant lentement. Le prédateur plus plat, légèrement raie, non maritime, forêt des montagnes, noir et orangé, rouge, au centre noir et vers l'extérieur orangé, ou l'inverse, et ver à l'intérieur sortant ou entrant à cette vitesse indétectable.
La "bouche" ou orifice avalant des sangsues : trois crochets l'entourant. Incompatibilité avec orifice engloutissant ver de presque même diamètre.
par Florence Girardeau
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Vendredi 22 juin 2007
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Les lieux défaits
Delà louvoyer sera devenu impossible. Il est temps de refaire le sens de la rue et entendre le roi hurler. Encore une fois jaillir les rincements de bouches et caractères perdus autrement que sans toi avec la foudre et l'hiver. J'approche du centre et ouvertement pouvoir avant devant facile trait du temps, retour haut marin sauvé louve criante et cheveux défaits. Entends le grand ravin, l'aurore voyante, le sens et le sort rompus, l'hiver encore au moment où tu crois que. Même n'en tiens plus compte et retourne en bas retourne au ciel retourne là bas refais ceci cela foudroyer encore pour un avant un après un souffle un cri, un cri renflé au coeur du cri il y a encore tu vois un chant. Lavé vêtue de blanc enchantée enfance même, chèvres calmes vipères dorées grain terrible au delà pourtant de ce chant serait un chant encore et obéis-moi ! obéis-moi ! Y-a-t-il encore quelque chose là, quelque chose encore qu'on entend et encore sans comprendre qu'on en comprend qu'on croierait et pourtant parti glisse souffle oublie-toi ou le encore ça encore maintenant oublie maintenant oublie encore cette statue plantée ici à ta place retourne tords vrille toi secoues /
par Florence Girardeau
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