Machine contre machine, pourquoi être en accord avec la technologie de son temps ? La nostalgie est-elle réactionnaire ?Concordance du son du projecteur de cinéma et silence de la machine à écrire qui lentement rejoue Pompéi. Concordance des cendres/neige/sable, en chute comme en chute est le mouvement de la pellicule. Lutte machine contre machine, l'image noie l'écrit. L'image enterre l'écrit, à la manière d'une caresse aux efforts assourdissants. La machine à écrire filmée comme objet d'amour, avec attention, ses reflets de machine rutilante, ses détails et ses recoins, gros plans de son visage. Pour être recouverte, enterrée, brusquement dans l'ordre du temps de la poussière, lentement dans l'ordre du temps du geste. Relation d'amour entre le projecteur et la machine à écrire, sans cesse recommencé, la machine à voir les images se souvient, encore et encore, de celle qui aurait écrit ses images, celles de son propre oubli.


Echos du passé : à Calcutta la reine dépossédée renonce au ciel qui ronfle et vrombit. Robes étalées, corps disparus, perles roulantes, joyaux brisés, la mendiante. De choisir et de ne pas choisir, l'une et l'autre fantôme et vibration, L'eau en son continu, obsédant, sourd, omniprésent, et l'eau en jaillissement jouissif, soudain, une eau qui tombe laiteuse. Chez l'une des corps massifs, errants, plantés et passagers, chez l'autre un éveil et une parole dans un corps assis. Immobilité et déplacements. De la forêt on n'entend que la voix, tandis que la forêt devient la voix. Les absents au dehors, les absents au-dedans. Rigidité ou ouverture, obscénité, mondanité, ou fête. Transferts.
Peut-être la plus lyrique parmi les autres, un animal curieux que l'on observe, sans barreaux, sans vitre. Milles grosses abeilles grises verrouillées au sol fixent l'espace, le centrent, le repoussent. L'oeil du cyclone en épuisement sur les murs qui l'entourent et l'enferment, indéfiniment à perte. Le cycle s'essoufle trois fois pour trois fois rien, pour trois grammes magnétiques en suspens fluctuant, pour ce suspens, pour cette ligne de paysages éphémères au miroitement ténu. Auréole au dessus du poids, horizon et jeu d'enfant, vibrations au détail, vagues lentes aux oscillements avant-envers, face-dos, son-support.
Tête au sol et tête carrée, tête reste, tête et crâne à relever, l'angle, suspension.
De pierre, et en chute, d'abord, lentement. D'abord, lentement, retenu, et en désordre soudain la peau et comme pierre, la peau comme goût de pierre, tout comme un goût de clair-obscur, un jour fait morcellé, parcelles, s'échappent, coulent en saccades douces, flous doux dans la fulgurance. Et suspension, avant la connaissance, sens essouflés. La tristesse avant l'aube, la tristesse des caresses d'images.
Dédale décalé, le double évident ou le double inséré, quand pour l'un c'est insoutenable et quand pour l'autre c'est sur la surface. Et comment on y croit, comment on y adhère et la façon et les chemins divers. Souffle d'espoir au dessin léger, souffle d'angoisse au faux bien plus vrai. Les porcs bien lisses et bien communs, le contexte se déplace et c'est nous que je vois, les porcs bien gras qui s'engraissent et de la merde dans les yeux. La chair qui disparait et se vectorise pour s'amuser du livre. Oui, voilà, ça c'était il y a 30 ans, et maintenant, on nage dans cet autre, on se diffuse et on se dilue en couleurs et on boit l'aspirine que nous sommes.

