Samedi 29 mars 2008
publié dans : Amarres
1)Des sphères noires, des plantes vertes, un sachet d'oranges, un conteur, des musiciens improvisant, des danseurs qui surtout ne dansent pas (c'est has been), collez le tout, étalez-le pendant 1h30 au minimum, et dégustez à la sauce parisienne.
2)Des laptops, des projections, des textes wikipédia où on colle "Suisse" à la place de "Irak", des treillis, des cables tendus un peu partout, des danseurs qui surtout ne dansent pas (c'est has been), un peu de fausse provoc, appuyez sur play et dégustez à la sauce "les intellectuels parlent de la guerre, c'est in".

1)Garder les 15 minutes du début, sombres, lancinantes, d'une grande force, et raccourcir la suite à 20 minutes.
2)Garder le son et le diffuser sur internet.

D'autres vues plus (ou moins) enthousiastes :
1)
sur Fluctuat
sur Paris-Art
2)
sur Festivalier
sur Images de danse
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (3)   

Dimanche 23 mars 2008
publié dans : Amarres
La corde rouge se lève, amarée par un lourd fauteuil en bois sculpté. On entre dans l'espace de présentation des objets, c'est un cabinet de curiosités, c'est un musée. Une récolte. Le geste de couleur est venu se poser, rite lent et méditatif, sa trace. La pâte pigmetée, qui ne craquelle pas encore, reste comme pluie dans les creux offerts par les pierres couchées. Geste funéraire, action en caresses des mains du passé qui ont sculpté. Liquide venant dans les porosités, épousant la surface cachée. Dans les vasques le bloc d'aquarelle en attente, posé. Offrandes. Sur l'autel les empreintes digitales, le toucher de désir, sur la cloche en verre aussi vers les métaux fondus endormis. Le cri est silencieux et n'est plus que marionnette vide. Les caisses du voyage viennent d'être ouvertes et découvertes et touchées. Dans une de ces caisses il médite seul et invente des parcours lumineux dans l'espace à présent vide. C'est un pont entre vestiges et lumières agressives d'aujourd'hui. Lumière du jour passé s'effaçant et révélant dans la trace photographique les objets du rite. Farandole à la vie morte.

Sarkis, Les trésors de guerre sont-ils sacrés ?, galerie Jean Broly.
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (0)   

Vendredi 25 janvier 2008
publié dans : Amarres
Attendre qu'il se passe QUELQUE-CHOSE. Quand est-ce que ça commence ? Est-ce que ça a déjà commencé ? Où est ce que ça va se passer -  se passe ? Où sont - qui sont les danseurs ? Une foule dans la fosse, une vague qui remonte les étages, une vague qui redescend, brouhaha. On s'observe, on commence à s'observer. Ils ont ouvert une salle, mais il ne s'y passe RIEN. Qu'attend-on à la place du rien ? Y-a-t-il encore une place pour ce rien ? Le rien devient sans-rien.  Qu'a-t-on tant besoin de consommer ici ? Puisqu'on a payé, puisqu'on est près à recevoir, puisqu'on est près à être passif. Une matière grouillante et passive en attente, se déplaçant avec lenteur dans des courants assez peu curieux. Lumières s'éteignant : frémissement, quelques-uns guettent, d'autres ont déjà oublié. Lumières se rallumant : alternativement les ampoules reliés aux minuteurs et réactivés éventuellement. Le doute : faudrait-il ne plus attendre ? Etat relié dans le tout, état ouvert, état de corps en alerte. Rumeurs. Circulation. Action  clé du SPECTACLE : entrer dans la salle, s'installer sur les gradins face au miroir de soi. Attente. Envahissement de la SCENE. L'état dure jusqu'au lendemain, et hors les murs.


Anne Vigier/Franck Apertet, X-event 0, festival Faits d'Hiver, Micadanses.
Article sur Images de danse
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (0)   

Vendredi 14 décembre 2007
publié dans : Amarres
La plus belle salle dans l'exposition The Third Mind, au Palais de Tokyo, est celle où se côtoient les oeuvres de Robert Gober, Toba Khedoori et Laurie Parsons. Une salle cubique ou presque cubique, face à face deux immenses dessins de Toba, gravés dans la cire qui a retenu les poils, les poussières. Est gravé un tas de cubes, pavés. En face, une structure (métallique ?) les barreaux, cubes évidés debout, (dans les jardins d'enfants ?).

Les papiers suspendus sont immenses, les dessins grands. Sur les deux autres murs de la salle, encore face à face, d'abord un lavabo-évier, fait main, blanc, mat, trop agrandi, gauche, deux trous pour les deux yeux pour les deux  arrivées d'eau chaud et froid séparés (on ne peut faire du tiède qu'en bassin). Inquiétante étrangeté. En face un double évier-lavabo qui s'étale comme son ombre et se renverse.

Au centre de la pièce, scultpure-débris de Laurie, vieilles planches, terre, tissus, canettes, humus, fagot de détritus d'une maison refaite à neuf.
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (1)   

Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Amarres
orozco-crousel.jpgL'empreinte sur cette image n'a pas été laissée sur une feuille, mais sur l'angle que forment deux murs blancs de la galerie. Dans cette même petite salle, en une diagonale, sont disposées deux sculptures d'argile noire, à la présence retenue, charnelle et mortelle. La première est un os de bassin, une rondeur voluptueuse, un corps a fait ce creux qui s'invente lui-même. La seconde, au sol, a le volume d'une cage thoracique, c'est un plein roulé, une masse lentement ployée en retour sur elle-même.
Dans les deux grandes salles s'alignent les taches déroulées par pression à l'intérieur du papier, et dépliées. Faites dans le secret , elles s'ouvrent et donnent l'image de leur mouvement fluide en fuite.
Dans la salle obscure, la géométrie autonome en glissement et figée dans certains de ses moments :  le “Samurai Tree”.

Gabriel Orozco, Dépliages, galerie Chantal Crousel, du 15 sept. au 20 oct. 07.
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (0)   

Jeudi 26 juillet 2007
publié dans : Amarres
Atsushi Saga a-t-elle il fait voeu de chasteté ? Si son travail précédent qui prenait toute la surface blanche du cube blanc devenant miroir et contrastant par sa matière avec les autres surfaces pouvait intéresser, les peintures qu'elle il présente à SCAI The Bathhouse sont décevantes, parce que délimité, peu courageux, peu risqué, sage et non surprenant. Mais il y a comme un refus qui nous arrête tout de même. J'imagine que les photographies de Didier Courbot sont dotées ici d'un bonus exotique, bien que la rue parisienne n'en soit pas le sujet. Son travail a le mérite de ne pas être prétentieux, ce qui peut-être, aussi est apprécié ici. On arrête la course, on a une pensée pour la fragilité et le quotidien, la fragilité du quotidien, il pleut là, ce livre lu à moitié, ampoule pour éclairer dix centimètres de haut, meubles précaires volés au lieu même.
"Casino Royale" (pourquoi ce titre ?) semble un fil tendu entre choses de la sphère privée quotidienne, le "self" et l'extérieur immédiat, jardin, fenêtre, espace proche au devant du corps. Les plantes et animaux, mais aussi les vases et les meubles, c'est Kazuma Koike qui s'en occupe, avec de grandes aquarelles entre liseré et tâche d'eau, avec deux sculptures en papier mâché, des objets surdimensionnés et pourtant extra légers. "Casino Royale" est-elle une exposition japonaise ? Japonisante ? L'adjectif est-il forcément négatif ? Est-ce un corset ou une facilité pour la production artistique ?

SCAI The Bathhouse
par Florence Girardeau ajouter un commentaire commentaires (0)   

4

Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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