Vendredi 19 janvier 2007
publié dans : Les lieux défaits
Je la cherche dans les paperasses perdues de ma mémoire. Je la cherche et j'espère ainsi la retrouver, elle surgira à ce moment, exactement. J'assemble les lettres pour former son nom, mais celui qui m'apparaît n'a rien d'elle, je recommence et c'est toujours ce mot factice. Je la cherche pour refaire ce que j'ai pu mal faire, à ce moment, défaire le déroulement que peut-être j'ai enclenché. Mais son nom toujours m'échappe.
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Mercredi 17 janvier 2007
publié dans : Les lieux défaits
Droit au mur, en rival rectiligne, tracé, lancé, cible en vue ! Des galçons sur les omoplates, refroidir cette blessure dressée autour, cube. Aux angles la poussière. Rien ne traverse, blackout, huit surfaces, les omoplates en haut. Mute, bourdon, les atomes, chaque os touche la chair. Du bordel ou rien. Tout doux.
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Lundi 15 janvier 2007
publié dans : Amarres
En activité de suceuse de sang : richement irrigués ils prélèvent en permanence dans le sang du dioxygène qui passe dans le sang et diminue d'autant la quantité de dioxygène contenu dans l'air alvéolaire. Lors d'une plongée, la quantité d'azote est présente dans le sang et dans les tissus. En effet, le diazote et le dioxygène peuvent tout deux causer des : pourquoi dit-on que ce dernier est saturé en dioxygène ? Et donc : il n'y a pas de volume, ou encore : le volume s'exp(l)ose. En plongée, j'en suce le sang et autant de volume d'air, et autant de dits "oxygène" et dit ainsi j'en suce le sang. Ce qui fait volume monte vers la surface, ce que j'en diminue de volume restera sans flotter au fond du gouffre abyssal. Ce qui se gonflait se colle et ce qui sérieusement circule cessera.

La Générale, "Ce volume d'air contenu", avec Jean-Baptiste Bouvet, Cédric Canaud, Guillaume Constantin, Arnaud Dupont, Johanna Fournier, Fany Fourmond, Line Francillon, Maguelonne Pessaque, Emilie Pitoiset, Karine Portal, Magali Rizzo, Nicolas Tourre.
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Samedi 13 janvier 2007
publié dans : Sicile
J'ai vu les reflets de ses grandes rues nouvelles, aux plâtres frais, aux couples neufs, aux larges trottoirs. J'ai cherché les rues cachées et j'ai trouvé, les étals, les enfants, les ordures, les attroupements et la vitesse, le bourdonnement. Sans m'arrêter, une marche qui sait où elle va, sans moi, mais des pas qui vont. La peau qui fuit en dedans devant les regards. La faim qui cherche, rapide, sur les marchandises en désordre. Et c'est la grande fatigue de cette angoisse solitaire, le renoncement, la fin. Les vomissements, les boyaux qui se vident, cachée de la rue dans la petite pension déserte, en plein jour et un peu au frais des murs, derrière. Plusieurs jours, écouter les bruits de cette rue, dans ce port, dans cette île, écouter cela seulement, voir cela seulement, le balcon et le linge qui y sèche, cette rue seulement vue de cet étage. La façade ocre décati en face, grande plage gondolée de bas en haut, les pétarades des mobilettes, les groupes de jeunes hommes en bas. Plusieurs jours et plusieurs heures, avant de reprendre le ferry, plusieurs jours ici sur ce lit et ces draps blancs, qui absorbent les odeurs de mes transpirations. Le mur à droite de la fenêtre, blanc, la chaîne de métal, le blanc de la peinture, décollé dans plusieurs années. Le matelas creusé, l'oreillé dur. Un piano au loin dans les habitations en face, et en haut un balcon et toutes ses plantes vertes. Je demande à rester encore une nuit, je reste, là encore un peu, les dernières heures, la dernière fois, ici, les autres places et les autres rues sont derrières, avec des mariages en blanc et en noir, cadillac, ici, il y a la rue qui finit et le piano qui n'en finit plus. Je me recouds, assise sur la chaise en bois, assise sur le lit, glissant, glissant, couchée, j'accroche à peine les notes du clavier, à peine, elles affleurent, me persuader qu'il joue, me persuader que j'ai vécu.
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Vendredi 12 janvier 2007
publié dans : Sicile
L’île promet d’être belle au bord de son eau. Le bus va sortir de la ville. Selon la logique, il devrait longer la côte. Il traverse des bois de dune, les chemins de croisée me font soudainement face, et j’y vois une femme au fond. Je cherche la trace du véhicule qui l’aurait transportée là.

Trois garçons ont leur serviette jetée sur l’épaule.

On voit ensuite la mer toujours à droite et donc je vais vers l’ouest. D’un point de vue global. Il est possible que dans l’anfractuosité éventuelle je sois face au nord ou au sud.

Je tente de reconnaître les signes apparents et visuels d’une plage agréable. La route est grosse.

Les zones résidentielles.

Je suis aux aguets pour le lieu que je voudrais. Avec l’appréhension. Je ne le verrai qu’une fois derrière mon dos.

La longueur parcourue s’emmagasine en moi.



La salle de bain / Rome aussi est belle/ érotique / vu des corps comme rinçables / la peau plastique étanche
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Mercredi 10 janvier 2007
publié dans : Les lieux défaits
Ce qui bouille, là, ce qui tremble au milieu de moi, ce qui se spasme comme l'envie lui vient, s'endort, au bord, indigeste et diffusant, latent, à refroidir. Son image en retard de quelques centimètres d'espace, dédoublé, transparent, poussière. Sa putride existence, c'est moi, son pourrissement lent, sans arrière-pensée, sans volonté, rien qui ne dit rien, rien à faire. Diamant.
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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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