Vendredi 4 mai 2007
publié dans : Amarres
Quelques mots sur artistes logés en ce moment au 108. D'abord Denis Savary, délicieux petits gâteaux graphiques, nouvelle cuisine, mais relevée, tout de même. Ciselé. Mélancolie des zones rurales à devenir péri-urbain, solitude du dimanche à mobylette, quand il fait enfin un peu moins froid dans la plaine entre Alpes et Jura, on quitte le cossu appartement genevois pour étudier les moeurs des frontaliers en mal de divertissement, dans ces lieux ou la froidure des gens prend un autre masque. Surgissement de légers décalages, une mélodie se murmure alors. Dommage de ne pas donner plus d'ampleur à deux ou trois vidéos choisies, comme lorsque La Courtisane était à l'Enchanté Château d'Arenthon : tout mettre ça gâche. Panos Kokkinias, il a fallu supporter la pose pour aller jusqu'au deuxième espace. Sauf "Rain 2007", peut-être.
La galerie Yvon Lambert a pris un sacré coup de vieux (la galerie Thaddaeus Ropac aussi).
On reprend sa respiration au cent8 Serge Le Borgne avec George Tony Stoll, il y a "Mon chef d'oeuvre -2003" bien sûr mais il y a la couleur et la truelle (mais élégante) et il y a des torses, et il s'est passé et se passe au même moment des choses délicates, et là et ailleurs, et enfin il n'y a plus que cette prolongation par la voix en galerie immense, où tout se joue et lorsqu'on revient sur nos pas on a notre litanie, notre voix qui s'éveille.


Denis Savary, du 14 avril au 19 mai 2007, galerie Xippas
Panos Kokkinias, du 14 avril au 19 mai 2007, galerie Xippas
Galerie Yvon Lambert
Galerie Thaddaeus Ropac
George Tony Stoll, Constellations, 6 mars au 5 mai, galerie cent8 Serge Le Borgne
Vidéos de George Tony Stoll sur Paris-Art

par Florence Girardeau ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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