Vendredi 22 juin 2007
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Les lieux défaits
Delà louvoyer sera devenu impossible. Il est temps de refaire le sens de la rue et entendre le roi hurler. Encore une fois jaillir les rincements de bouches et caractères perdus autrement que sans toi avec la foudre et l'hiver. J'approche du centre et ouvertement pouvoir avant devant facile trait du temps, retour haut marin sauvé louve criante et cheveux défaits. Entends le grand ravin, l'aurore voyante, le sens et le sort rompus, l'hiver encore au moment où tu crois que. Même n'en tiens plus compte et retourne en bas retourne au ciel retourne là bas refais ceci cela foudroyer encore pour un avant un après un souffle un cri, un cri renflé au coeur du cri il y a encore tu vois un chant. Lavé vêtue de blanc enchantée enfance même, chèvres calmes vipères dorées grain terrible au delà pourtant de ce chant serait un chant encore et obéis-moi ! obéis-moi ! Y-a-t-il encore quelque chose là, quelque chose encore qu'on entend et encore sans comprendre qu'on en comprend qu'on croierait et pourtant parti glisse souffle oublie-toi ou le encore ça encore maintenant oublie maintenant oublie encore cette statue plantée ici à ta place retourne tords vrille toi secoues /
par Florence Girardeau
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Mercredi 20 juin 2007
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Les lieux défaits
Nous sommes sur une des deux faces de la planète. Le soleil, bientôt, passera de l'autre côté. Il faut accéder au sommet, où il y a un col, et un mirador. D'en haut, en se retournant, on voit les engins, des boules volantes équipées de caméras, qui balisent la vallée. L'autre face, personne n'y va, et personne n'en vient, sauf les passeurs. Les passeurs vivent de petit commerce, ils vont à pied, et savent se rendre transparents aux technologies de surveillance. Ils sont tolérés, mal connus, et craints. Je suis avec plusieurs personnes, et nous sommes sur ce sommet entre les deux faces. Nous nous cachons dans le fossé car un passeur arrive. Mais je reste debout, paralysée. Le passeur me regarde, il est immense et noir. Il ne dit rien, mais s'arrête et nous restons face à face. Je n'ai plus peur et tombe dans une sorte d'extase. Il s'en va et me laisse l'esprit ouvert, immense. Le soleil est passé de l'autre côté, et la nuit tombe brusquement, nous devons redescendre. J'ai pris du retard sur les autres, et je cours sur les chemins, il ne faut pas rester dans cette zone la nuit tombée. Mais je sais que rien ne m'arrivera, et je cours n'importe comment, je trébuche et pose mes pieds n'importe où, mes jambes vont dans tous les sens, mais je ne tombe jamais.
par Florence Girardeau
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Dimanche 17 juin 2007
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Les lieux défaits
Le "je" est doté d'un interdit posé dans l'enfance. Cet interdit surgit à chaque début de phrase, dans les lettres surtout. Commencer avec un "je", ça ne se fait pas. Donc trouver toutes les manières de commencer par autre chose. Ce "je", comment s'en débarrasser, et surtout comment se débarrasser de son interdiction qui le rend si gonflé, si marqué, qui le refait surgir encore plus douloureusement, autrement.
Et de nombreuses choses dont il est important de se débarrasser. Plus important que construire, faire le ménage, éliminer, enterrer ces pollutions qui reviennent, qui vous lancent et vous ramènent en arrière, encore.
Dans des filaments de glue, comme ces palmes que je croyais savoir pousser entre mes doigts, de mains et de pieds, et ce tic encore là d'écarter au maximum les doigts pour enrayer la poussée des palmes.
par Florence Girardeau
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Lundi 11 juin 2007
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Les lieux défaits
Des humeurs, et une colonne vertébrale plate, la chaleur de l'orage avant l'orage, lent, un ventilateur qui remue l'air mollement. La fatigue de l'agitation dans le vide, muscles faibles, matière visqueuse du cerveau, gonflé de vide contre les os du crâne, face interne, les genoux non déliés aux articulations, comme si les os grandissaient encore un peu vite, alors que, pourtant, il n'est plus temps.
par Florence Girardeau
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Samedi 2 juin 2007
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Delta du Danube
Le corps plié, garder de la chaleur entre ventre et cuisses, entre mollets et cuisses, entre bras et ventre, garder une chaleur qui fuit, les vêtements trop minces, le vent dans chacune des mailles qui vient, le vent sur l'eau, de là, de là, le vent le froid le vent qu'on fend sur la barque. Le voyage ne rien voir, les yeux au froid, garder la chaleur entre paupière et oeil, entre sourcil et paupière. Le bois plat de la barque sur les os, sous le bassin, des pointes, deux pointes symétriques, le sang se coupe à l'arrière du genou, attendre. Les herbes les marais, les mêmes, des oiseaux qui sont les mêmes, l'attention à cette température de la peau, et dessous, seulement.
par Florence Girardeau
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