Jeudi 26 juillet 2007
publié dans : Amarres
Atsushi Saga a-t-elle il fait voeu de chasteté ? Si son travail précédent qui prenait toute la surface blanche du cube blanc devenant miroir et contrastant par sa matière avec les autres surfaces pouvait intéresser, les peintures qu'elle il présente à SCAI The Bathhouse sont décevantes, parce que délimité, peu courageux, peu risqué, sage et non surprenant. Mais il y a comme un refus qui nous arrête tout de même. J'imagine que les photographies de Didier Courbot sont dotées ici d'un bonus exotique, bien que la rue parisienne n'en soit pas le sujet. Son travail a le mérite de ne pas être prétentieux, ce qui peut-être, aussi est apprécié ici. On arrête la course, on a une pensée pour la fragilité et le quotidien, la fragilité du quotidien, il pleut là, ce livre lu à moitié, ampoule pour éclairer dix centimètres de haut, meubles précaires volés au lieu même.
"Casino Royale" (pourquoi ce titre ?) semble un fil tendu entre choses de la sphère privée quotidienne, le "self" et l'extérieur immédiat, jardin, fenêtre, espace proche au devant du corps. Les plantes et animaux, mais aussi les vases et les meubles, c'est Kazuma Koike qui s'en occupe, avec de grandes aquarelles entre liseré et tâche d'eau, avec deux sculptures en papier mâché, des objets surdimensionnés et pourtant extra légers. "Casino Royale" est-elle une exposition japonaise ? Japonisante ? L'adjectif est-il forcément négatif ? Est-ce un corset ou une facilité pour la production artistique ?

SCAI The Bathhouse
par Florence Girardeau ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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