Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Amarres
orozco-crousel.jpgL'empreinte sur cette image n'a pas été laissée sur une feuille, mais sur l'angle que forment deux murs blancs de la galerie. Dans cette même petite salle, en une diagonale, sont disposées deux sculptures d'argile noire, à la présence retenue, charnelle et mortelle. La première est un os de bassin, une rondeur voluptueuse, un corps a fait ce creux qui s'invente lui-même. La seconde, au sol, a le volume d'une cage thoracique, c'est un plein roulé, une masse lentement ployée en retour sur elle-même.
Dans les deux grandes salles s'alignent les taches déroulées par pression à l'intérieur du papier, et dépliées. Faites dans le secret , elles s'ouvrent et donnent l'image de leur mouvement fluide en fuite.
Dans la salle obscure, la géométrie autonome en glissement et figée dans certains de ses moments :  le “Samurai Tree”.

Gabriel Orozco, Dépliages, galerie Chantal Crousel, du 15 sept. au 20 oct. 07.
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Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Les suites de 1+100 zeros
L'auteur donne ses trucs.
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Jeudi 4 octobre 2007
publié dans : Les lieux défaits
Après le vacarme, après le grondement  de rue en rue gonflé de rue en rue en une masse de présence continue, après ces heures où on écoute le grondement, quand il n'y a plus que ces sons solitaires très dessinés, dans leur trajectoire. Le véhicule transporte ses passagers endormis et dans la ville inconnue traverse les cercles de son plan, jusqu'en un centre désigné, et là, au milieu des échafaudages et de la rue crevée en sable gris,  dans cet espace encore indéfini qui se construit, on voit les hommes qui vont pisser un peu plus loin, et quelques autres des femmes aussi prennent leurs bagages dans le coffre, et là au milieu du sommeil ils s'en vont. 
Là au milieu du rien du froid au milieu du ciel au milieu de la machine qui gronde, des hublots clôts et des masques en tissu bleu, des corps assis lourds immobiles, au milieu du sommeil interrompu par cette lumière en face dessous, il y a cette ville trop proche, d'une lumière électrique, trop proche et très dessinée, c'est peut-être elle qui est trop haute, plusieurs villlages embrumés, et surtout, proches, et surtout, immobiles, sous l'aile.
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4

Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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