Mercredi 2 avril 2008
publié dans : Amarres
En rangeant des papiers je retrouve le numéro de MAP consacré à Pierre Ardouvin, et notamment la voiture carbonisée de "Holidays" (1999). L'effet ne tarde pas, et devant mes yeux ébahis, surgit du fouilli de mes souvenirs la voiture en céramique noire d'Adel Abdessemed, "Practice Zero Tolerance" (2006).
Je laisse de côté l'étonnement déjà plusieurs fois éprouvé quant aux nombreuses oeuvres de ces messieurs utilisant (ou mettant en scène, ou ready-madant ou représentant au choix) des véhicules motorisés, et je cherche les voitures auxquelles il est arrivé malheur.
Nous irons à rebours.

Il y a le projet de Jeremy Deller pour Trafalgar Square, intitulé "Spoils of War", une voiture calcinée ramenée d'Irak pour devenir un monument à la mémoire du peuple qui a subit la guerre.


Ces trois voitures brûlées n'ont (presque) rien à voir entre elles.

La quatrième est celle qui figure dans la vidéo de Corine Stuebi, "Motion Accident Sculpture" (2007). Elle est en feu, ce qui n'est pas le cas des voitures entassées sens dessus-dessous et taguées de Barry McGee, "Advanced Mature Work" (2007). Enfin, découpée et tarabiscotée, voici la "Spazio T" de Alexander Knox (2007).

Mais d'où vient ce délicieux fumet ?

Ant Farm plante 10 Cadillac en ligne droite le nez dans la terre en 1974, pour le "Cadillac Ranch Show". Et c'est une Cadillac encore, customisée, qui fonce dans un mur de 44 téléviseurs en feu en 1975 ("Media Burn").
En revenant chez les français on trouve les Compressions de César, ainsi que "White Orchid", explosion d'une MG, 1963, réalisé par Arman (avec une récidive en 2001).


Pour clôre cette énumération tout à fait non-exhaustive, le "Green Car Crash" (1963) d'Andy Warhol.



J'espère ne pas finir comme l'héroïne de "The House", Eija-Liisa Ahtila...
par F. G. ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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