Lundi 25 septembre 2006
publié dans : Amarres
Lorsqu'il pleut du plomb, ici du béton, la mélancolie nous touche au passage du triste rideau. Il y a certes des choses qui se trament dans l'espace désertique, désert du sens n'est qu'apparence, absence du nom du lieu de ce lieu. Ce qui se dit et ce qui ne se montre plus. Ce qui se montre aux fantômes. Les fantômes insistants inconsistants des mots mis en lumières. Quand la nuit vient. La brume et seulement elle.
C'est le temps de voir, avant, à côté, hors sujet ou juste après, jamais hors champ, pourtant.

Melik Ohanian à la galerie Chantal Crousel.
par Florence ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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