Lundi 30 octobre 2006
publié dans : Les lieux défaits
Ersatz du silence avançant au pas, le cardan ronronnant aux ondes pacifiques, laisse-moi te redire les hontes superflues de ma vie révolue. Bleus nuages, ombres de front, carrés flottants, roues défroquées, paradis : j'aime à redire ce que je n'ai pas vu. Souffle petit, tein de marbre, dents noires. Chutes maintenant, arrachées du rebus domestique, l'or reluit d'un éclat sali, touches d'ébène et algues accrochées. Toutes choses disparues, dressées comme enveloppes seules en images branlantes à ma mémoire en guet. Y rester un peu, pour y frôler toute chose en vide en creux : j'aime à redire ce que je n'ai pas vu.
par Florence ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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