Dimanche 1 avril 2007
publié dans : Les lieux défaits

Rue

40 mètres de haut, des rafales d'eau s'éclatent sur le bitume, on entend comme la vague des villes, quelqu'un pousse la flotte par le bord. Une bande magnétique pendouille d'une branche à l'autre d'un arbre à l'autre elle n'arrête pas de frintiller. Un gars saoûl braille et chante, 5 secondes. On attend tout le temps que les moteurs arrêtent de passer dans nos oreilles. Quelqu'un a encore oublié d'éteindre la lumière dans l'école, une longue fenêtre. Ciel mauve nuit. Il y a aussi un T-shirt dans l'arbre. Les fenêtres de mes voisins reflétées dans les vitres en face. Quelqu'un a ouvert une boîte à outils.
par Florence Girardeau ajouter un commentaire commentaires (0)   

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Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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