Lundi 21 avril 2008
publié dans : Amarres
Créée en 2004, cette pièce sera montrée en mai au Centre Pompidou. Elle était aussi en vidéo à Vidéodanse. À partir d'une idée simple, une règle du jeu, elle invente des mouvements inédits qui convoquent notre inconscient artistique et culturel. Une vie est insuflée aux postures et gestes des peintures liturgiques de la Renaissance. Ces images sont gravées dans notre mémoire enfouie, elles resurgissent devant nous du fin fond de l'histoire humaine, elles sont souvent des codes que nous ne pouvons plus déchiffrer. Il y a une grande justesse dans le jeu des danseurs, entre possession et décalage. On pense aux tableaux vivants d'Edouard Levé. Le développement et la liberté qui y est prise nous amènent doucement dans une danse nouvelle et surprenante.

"D'après J.-C.", Herman Diephuis, avec Julien Gallée-Ferré et Claire Haenni.

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Jeudi 17 avril 2008
publié dans : Amarres
-Au salon du dessin contemporain, il y avait de nombreux dessins en diptyque, dessin comme coupé en deux, tranché par deux cadres. Travail de la marge, envie de diviser l'évidence de la forme, et parfois jeu avec l'angle formé par les murs.
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-J'ai aimé les genoux de Yann Delacour chez Schirman & De Beaucé.

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-J'ai aimé les sports d'hiver d'Ultralab chez Magda Danysz.
-Heureuse de (re)voir des dessins d'Henri Darger chez Andrew Edlin.
-Les encres d'Iris Levasseur  chez Odile Ouizeman.
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-J'avais oublié Naoko Majima (Claude Samuel), déjà rencontrée au Japon en 2004.

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Vendredi 11 avril 2008
publié dans : Amarres
Un chevalier idiot aux casques multiples, qui est à la fois le chevalier et le cheval et l'armure, qui est pantin et animal. Un chevalier qui attrape la queue du mickey, un maître de cérémonie et un jouet, une poupée russe. Un homme qu'on chasse, un homme qui parade, toujours dans le devenir, instable et mutant, malléable. La jouissance de l'idiotie.

C'est Par-Dessus Bord, de Serge Ricci et Fabien Almakiewicz, un spectacle épique, onirique, drôle mais aussi glaçant comme un cauchemard. Au Théâtre Paris Villette jusqu'au 12 avril.

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Mercredi 2 avril 2008
publié dans : Amarres
En rangeant des papiers je retrouve le numéro de MAP consacré à Pierre Ardouvin, et notamment la voiture carbonisée de "Holidays" (1999). L'effet ne tarde pas, et devant mes yeux ébahis, surgit du fouilli de mes souvenirs la voiture en céramique noire d'Adel Abdessemed, "Practice Zero Tolerance" (2006).
Je laisse de côté l'étonnement déjà plusieurs fois éprouvé quant aux nombreuses oeuvres de ces messieurs utilisant (ou mettant en scène, ou ready-madant ou représentant au choix) des véhicules motorisés, et je cherche les voitures auxquelles il est arrivé malheur.
Nous irons à rebours.

Il y a le projet de Jeremy Deller pour Trafalgar Square, intitulé "Spoils of War", une voiture calcinée ramenée d'Irak pour devenir un monument à la mémoire du peuple qui a subit la guerre.


Ces trois voitures brûlées n'ont (presque) rien à voir entre elles.

La quatrième est celle qui figure dans la vidéo de Corine Stuebi, "Motion Accident Sculpture" (2007). Elle est en feu, ce qui n'est pas le cas des voitures entassées sens dessus-dessous et taguées de Barry McGee, "Advanced Mature Work" (2007). Enfin, découpée et tarabiscotée, voici la "Spazio T" de Alexander Knox (2007).

Mais d'où vient ce délicieux fumet ?

Ant Farm plante 10 Cadillac en ligne droite le nez dans la terre en 1974, pour le "Cadillac Ranch Show". Et c'est une Cadillac encore, customisée, qui fonce dans un mur de 44 téléviseurs en feu en 1975 ("Media Burn").
En revenant chez les français on trouve les Compressions de César, ainsi que "White Orchid", explosion d'une MG, 1963, réalisé par Arman (avec une récidive en 2001).


Pour clôre cette énumération tout à fait non-exhaustive, le "Green Car Crash" (1963) d'Andy Warhol.



J'espère ne pas finir comme l'héroïne de "The House", Eija-Liisa Ahtila...
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Samedi 29 mars 2008
publié dans : Amarres
1)Des sphères noires, des plantes vertes, un sachet d'oranges, un conteur, des musiciens improvisant, des danseurs qui surtout ne dansent pas (c'est has been), collez le tout, étalez-le pendant 1h30 au minimum, et dégustez à la sauce parisienne.
2)Des laptops, des projections, des textes wikipédia où on colle "Suisse" à la place de "Irak", des treillis, des cables tendus un peu partout, des danseurs qui surtout ne dansent pas (c'est has been), un peu de fausse provoc, appuyez sur play et dégustez à la sauce "les intellectuels parlent de la guerre, c'est in".

1)Garder les 15 minutes du début, sombres, lancinantes, d'une grande force, et raccourcir la suite à 20 minutes.
2)Garder le son et le diffuser sur internet.

D'autres vues plus (ou moins) enthousiastes :
1)
sur Fluctuat
sur Paris-Art
2)
sur Festivalier
sur Images de danse
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Dimanche 23 mars 2008
publié dans : Amarres
La corde rouge se lève, amarée par un lourd fauteuil en bois sculpté. On entre dans l'espace de présentation des objets, c'est un cabinet de curiosités, c'est un musée. Une récolte. Le geste de couleur est venu se poser, rite lent et méditatif, sa trace. La pâte pigmetée, qui ne craquelle pas encore, reste comme pluie dans les creux offerts par les pierres couchées. Geste funéraire, action en caresses des mains du passé qui ont sculpté. Liquide venant dans les porosités, épousant la surface cachée. Dans les vasques le bloc d'aquarelle en attente, posé. Offrandes. Sur l'autel les empreintes digitales, le toucher de désir, sur la cloche en verre aussi vers les métaux fondus endormis. Le cri est silencieux et n'est plus que marionnette vide. Les caisses du voyage viennent d'être ouvertes et découvertes et touchées. Dans une de ces caisses il médite seul et invente des parcours lumineux dans l'espace à présent vide. C'est un pont entre vestiges et lumières agressives d'aujourd'hui. Lumière du jour passé s'effaçant et révélant dans la trace photographique les objets du rite. Farandole à la vie morte.

Sarkis, Les trésors de guerre sont-ils sacrés ?, galerie Jean Broly.
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4

Les villes et les signes. 4.

De tous les changements de langue que doit affronter celui qui voyage dans des terres lointaines, aucun n'égale celui qui l'attend dans la ville d'Ipazie, parce qu'il ne touche pas aux mots mais aux choses. J'entrais à Ipazie un matin, un jardin de magnolias se reflétait dans une lagune bleue, moi-même j'avançais entre les haies assuré de découvrir de belles et jeunes dames au bain : mais au fond de l'eau, les crabes mangeaient les yeux des suicidées la pierre au cou et les cheveux verdis par les algues.

(...)

Italo Calvino, Les villes invisibles.

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